Dans les dédales d'une rue sans fin,
Il est la, tout recroquevillé
Son seul horizon, de l'aube naissante
Au soleil couchant, flamboyant...
Des pieds passants.
Les regards glissent sur lui,
couleur transparence, couleur inexistence
sa main humiliée supplie
Parfois un dirham vient s'y glisser
Il y a bien longtemps
Qu'il a fini d'exister
Mort avant d'avoir fini de respirer
Plus que des mots
Le silence dit sa souffrance
Une envie de le serrer
De le réchauffer m'assaillait
Mais je n'ai su que lui donner
Une brioche achetée
Pour qu'un instant de douceur
Vienne se loger dans ce corps décharné
Ma main un instant sur son épaule s'est posée
Je la voulais légère apaisante
L'a-t-il senti lui si loin déjà
Et moi simple passante
Ce vieillard a la main humiliée
A mis une fêlure à mon coeur
Au milieu de ces chaudes couleurs
Du soleil et de passants indifférents
Ma mémoire dans un coin l'a installé
Pour le faire dans un ailleurs exister
Pensées illusoires,
J'ai envie d'y croire ........